1. Mon aventure en tant que traductrice indépendante a commencé il y a un an à Newcastle upon Tyne, et aujourd’hui Lagarde Languages est située dans un petit village en France qui compte plus de moutons et de vaches qu’il ne compte d’habitants. Cette note de blog est donc pour moi l’opportunité de revenir sur ce que j’ai acquis et réalisé au cours de l’année passée.

    Home sweet home
    Mise à part la traduction, l’un des plus grands changements pour moi a été le fait d’être indépendante et de travailler à domicile. Il est amusant de constater combien de personnes dans mon cercle d’amis et ma famille voient cela comme un défi ! Pour moi, cela fonctionne très bien : pas de trajet, horaires de travail assez flexibles, possibilité de faire des petites courses rapides en pleine journée/semaine, capacité de pouvoir travailler n’importe-où dans le monde avec une bonne connexion à Internet, et beaucoup d’autres avantages. Je pense que l’on ne réalise à quel point on a de la chance de pouvoir travailler à domicile que lorsque, comme moi, on a connu pendant des années un travail nécessitant de se lever à 5 h tous les matins, de passer des heures dans des embouteillages, de déjeuner/faire des pauses à des heures fixes etc.

    Évidemment, chaque situation a ses inconvénients, et travailler à domicile n’est pas toujours aussi facile ou idéal que cela peut paraître, mais pour moi c’était sans hésitation la bonne décision. L’autodiscipline et la tenue rigoureuse de listes de « choses à faire » sont pour moi la clé de la réussite du travail à domicile.

    Autoentrepreneur
    En quittant l’Angleterre pour venir m’installer dans ma France natale, j’ai non seulement dû laisser derrière moi le froid de l’Angleterre, mais également, et malheureusement, la simplicité de sa bureaucratie. Aller chez le docteur, payer ses impôts, mettre à jour les papiers de sa voiture : ce qui ne prendrait qu’un seul coup de téléphone en Angleterre en nécessite environ 3 en France.

    S’enregistrer en tant que travailleur indépendant ne fait pas exception à cette règle : cela prend beaucoup de temps, de paperasse et de coups de téléphone.

    Mais il n’y a pas que des mauvais côtés pour un traducteur installé en France, puisqu’il existe le régime autoentrepreneur pour les travailleurs indépendants, et je le recommanderais à toute personne souhaitant monter une petite entreprise en France. Tout est facilité et, à la différence des systèmes français précédents, vos impôts sont fondés sur vos revenus réels. Cela fait seulement 2 mois que je suis en France et je n’ai donc pas encore eu à payer d’impôts jusqu’ici, mais tous mes papiers sont prêts et cela a été un peu plus facile que je ne le pensais. Seul petit désagrément, après voir enregistré votre société, votre boîte à lettres se retrouve inondée de courriers provenant de sociétés essayant de vous faire croire qu’il est obligatoire de souscrire à leurs services d’assurance ou autres.

    Bien que le statut d’autoentrepreneur soit idéal pour se lancer, en que traducteur indépendant vous ne pouvez bénéficier de ce statut que jusqu’à un revenu annuel de 32 600 euros. Il est donc souhaitable de changer de statut après quelques années et de passer au statut SARL (Société à responsabilité limitée), ce qui est semblable à la différence entre le statut de « Sole Trader » ou « Limited company » en Angleterre.

    Le site Web officiel et le plus utile pour les autoentrepreneurs en France est accessible à l’adresse suivante : www.lautoentrepreneur.fr

    Un pied dans le métier
    Travailler en tant que traductrice, et plus particulièrement traduire des sous-titres de films, était mon objectif lorsque j’ai commencé ma Licence d’anglais en France, avant de m’installer en Angleterre. Mais j’ai suivi une route différente et je suis finalement devenue professeur de langues en Angleterre. Ma décision de quitter mon emploi en tant que professeur pour travailler comme traductrice indépendante n’a pas été facile, mais c’était une décision bien réfléchie. J’avais planifié ma reconversion et j’avais surtout la chance d’avoir un ami traducteur à Newcastle (@NELANGUAGES) qui m’a énormément encouragée, aidée et conseillée, et a partagé avec moi ses connaissances en matière d’outils TAO.

    Au même moment, mon amie et alors collègue Suzanne Kelly (@lingualicious27) décidait également de quitter son emploi pour se consacrer entièrement à ses cours de langue à domicile (www.french-spanish-tutor.co.uk) ; avoir l’aide et le soutien d’une amie dans une situation semblable à la mienne m’a très certainement aidée, et ensemble nous étions plus motivées que jamais !

    Grâce à @NELANGUAGES qui m’a recommandée à certains de ses clients, j’ai reçu dès le début un certain nombre de projets.

    Bien que j’aie pu lire que le fait d’envoyer son CV à plusieurs sociétés de traduction n’était pas le meilleur moyen de se faire une clientèle, cela reste, selon moi, toujours plus utile que d’être assis à son bureau à vérifier ses e-mails toutes les deux secondes en attendant que le travail apparaisse comme par magie !

    Lorsqu’il s’agit de trouver du travail et des nouveaux clients, je pense qu’il est approprié d’envoyer son CV à autant de personnes que possible, et de répondre à autant d’annonces que possible, du moment bien sûr que votre profil correspond aux critères recherchés. Cela a porté ses fruits pour moi, j’ai reçu quelques réponses, parfois même des mois plus tard, et j’ai commencé à fidéliser une clientèle régulière petit à petit.

    Les sites Web qui ont fonctionné le mieux pour moi étaient et sont toujours ProZ.com et Translators Café.

    Premiers pas
    Depuis un an, je travaille avec et sous la tutelle de traducteurs expérimentés qui m’ont beaucoup appris sur ma propre langue maternelle et sur les aspects techniques de la traduction. Et grâce à eux, je me spécialise désormais dans certains domaines.

    Comme toute personne dans n’importe quel autre travail, j’ai fait des erreurs lors de mes débuts, qui m’ont permis de me perfectionner. Une de ces erreurs était de penser que, simplement parce que j’avais un intérêt personnel dans un certain domaine, je pouvais facilement traduire des textes s’y rapportant. Ce n’est pas toujours le cas !

    Mais je ne prétends pas dicter ce que vous devez et ne devez pas faire, car chaque traducteur a sa propre façon de travailler. Traduire dans un domaine spécifique dans lequel j’ai un intérêt personnel a parfois bien fonctionné, mais certains domaines exigent des connaissances très spécifiques et techniques pour lesquelles je n’étais tout simplement pas confiante. Désormais, je demande toujours à voir un échantillon du travail avant d’accepter un projet. Chose qui est probablement évidente pour des traducteurs plus expérimentés, mais lorsque l’on vient juste de commencer, on est tellement désireux de travailler sur de nouveaux projets que l’on en oublie parfois ce qui est évident. Quelques projets exigeront plus de recherche que d’autres, et la recherche est un aspect de mon travail que j’apprécie beaucoup. Mais lorsque même la recherche ne suffit pas, il vaut mieux alors laisser la traduction à quelqu’un qui se spécialise dans le domaine en question, et le client appréciera d’autant plus votre honnêteté.

    Un autre aspect de mon travail que j’apprécie est la relation professionnelle mais informelle que j’ai avec mes clients principaux : ils m’offrent des commentaires précieux et détaillés sur mon travail, et il n’y a rien de plus récompensant que de recevoir un e-mail avec des commentaires positifs après avoir travaillé dur sur un projet. Avant de commencer à travailler comme traductrice indépendante, j’avais cette image des clients comme étant des grandes sociétés impersonnelles, et bien que celles-ci existent, il est également vrai que l’on peut tout à fait avoir des rapports amicaux avec ses clients.

    Qualifications
    Bien que j’aie acquis beaucoup d’expérience au cours de ma première année comme traductrice indépendante et que j’aie gagné la confiance de plusieurs clients, je pense toutefois que le fait d’être qualifié peut ouvrir plus de portes. Il ne s’agit pas simplement de remplir les conditions pour les annonces qui exigent des « traducteurs qualifiés seulement », mais après avoir reçu de précieux conseils de traducteurs qualifiés, je suis consciente que l’ont peut beaucoup apprendre grâce à une formation. Je pense également que c’est le meilleur moyen de stimuler sa confiance en soi si vous travaillez comme traducteur non qualifié depuis un certain temps.

    Maintenant que je suis installée en France, je commence à regarder les différentes options qui s’offrent à moi et je suis très désireuse de devenir traductrice qualifiée.

    Se faire des contacts
    Twitter, Facebook, blogs… vous y trouverez BEAUCOUP, voire trop d’informations ! Je suis régulièrement l’activité de certains traducteurs professionnels sur Twitter car je trouve leurs tweets, notes de blog et sites Web très inspirants et enrichissants. Le problème pour moi est que, lorsque je commence à lire quelque chose d’intéressant posté par un traducteur sur Twitter, je me retrouve à ouvrir plusieurs pages Web à la fois, à aller d’un lien à un autre, à classer des tas d’articles dans mes favoris etc. Et pendant que je lis tous ces articles et informations au sujet de traduction, je n’avance pas dans mes traductions !

    Bien sûr il s’agit là de mon propre problème et je suis certaine que de nombreux traducteurs ont trouvé un juste équilibre entre leur travail et leur temps consacré aux réseaux sociaux. C’est la raison pour laquelle ma présence sur Twitter est plutôt limitée à l’heure actuelle, mais il y a très certainement une grande communauté de traducteurs inspirants, désireux de partager leur pratique et conseils, et cela m’a également été très utile à certains moments. (@speechmarksxl8, @SJCParis, @Tesstranslates)

    Le monde vous appartient
    Lorsque j’ai quitté Newcastle pour m’installer dans un petit village dans le pays basque français, j’étais un peu inquiète sur le fait que ne pas être dans une grande ville ne me permettrait pas de trouver autant de clients, mais peu importe où vous travaillez, l’important est de travailler efficacement !

    Depuis que j’ai commencé à travailler dans la traduction, j’ai travaillé depuis Newcastle, Paris, Barcelone et le pays basque. Pouvoir voyager et travailler en même temps est un énorme avantage de la traduction indépendante !

    Voici donc mes impressions sur ma première année en tant que traductrice indépendante. Et vous, comment s’est passée votre première année comme traducteur ?